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LES ALGUES EN FORME DE PINCEAU ET L’ASPIRINE

Réalisée par DE CLERCQ Etienne

 

Aquariophile débutant, désireux d’approfondir mes connaissances livresques, et dans le but de monter un bac un peu plus conséquent que les 80 litres de mes débuts, je me suis inscrit au cours d’Aquariologie de Monsieur Tambour.

A la mi-mars de cette année, j’ai donc mis sous eau un nouvel aquarium dont voici les caractéristiques :

          - dimensions : 150 x 50 x 50 cm,

- bac de décantation incorporé et filtration par 3 mousses à percolation centrale, système Nancy,

- sol constitué par 1/3 d’argile, 1/3 de tourbe horticole (non enrichie) et tamisée, 1/3 de gravier, le tout recouvert de 3 à 4 cm de gravier noir,

- plantation dense (genre hollandais) de Vallisneria, Hygrophila difformis, Aponogeton crispus, Limnophila sessiliflora, Hygrophila polysperma et salicifolia, Microsorum pteropus sur racine de tourbière, Vesicularia dubyana sur racine également, Ceratophyllum submersum et, à l’avant-plan des Cryptocoryne. Comme plantes flottantes, quelques Ceratopteris thalictroides et un peu de Riccia fluitans. Les amateurs de plantes auront remarqué que leur origine est asiatique et cosmopolite,

- peuplement constitué par 6 Tanichthys albonubes (les poissons test de la mise en route de l’aquarium), 3 Colisa lalia (les poissons coup de coeur de mes débuts), 2 Trichogaster leeri, 2 Trichogaster trichopterus, 5 Botia sidthimunki et 1 Epalzeorhynchus siamensis mangeur d’algues filamenteuses par excellence (les déboires de mes débuts). Tous ces poissons sont originaires du sud-est asiatique. Vous l’avez deviné, j’ai essayé de constituer un bac typique de cette partie du globe. N’oublions pas non plus la présence de planorbes et de mélanoïdes,

- éclairage par 2 tubes Aquarelle de 36 watts, mon bac se trouvant dans ma véranda orientée à l’est. Par grand soleil elle est ombragée par une tente extérieure et par des rideaux intérieurs,

- changement d’eau de 1/10 par semaine (3 litres d’eau de ville et 7 litres d’eau de pluie correctement récoltée, pour 10 litres). Filtration de cette eau sur charbon de bois, suivant la méthode décrite par Monsieur Y. Detry dans l’Aquafauna n° 62 de février 1996, avant son introduction en goutte à goutte.

Ajout d’Ektozon suivant la dose prescrite toutes les semaines (Colisa lalia : sujet aux maladies si l’eau est de mauvaise qualité, page 636 du Mergus n° 1). Mettons toutes les chances de notre côté ...

Filtration sur tourbe dans un filtre fabrication maison de 1 litre de capacité disposé dans le bac de décantation. Pas de diffuseur d’air à part celui du filtre à tourbe.

Caractéristiques de l’eau : pH = 6,5, GH = 4, KH non testé

NO2- = 0, NO3- = 12,5 mg/l, température 24°C

Si j’ai été un peu long dans cette description, c’est pour bien préciser tous les paramètres pouvant avoir une influence sur l’expérience qui va suivre.

J’ai constaté courant avril que toutes les Cryptocoryne à l’avant plan et quelques Hygrophila à l’arrière étaient envahies par des algues en pinceau. Je me suis précipité sur l’ouvrage de référence de Monsieur Y. Detry : " Le point sur les algues " dont je vous livre ci-après de larges extraits.

" Ces algues apparaissent sous la forme de petits pinceaux constitués de nombreux filaments de couleur gris verdâtre très peu ramifiés. La base de ces pinceaux est fermement incrustée sur le bord de certaines plantes.

Causes : un excès en acides organiques résultat souvent de copieuses distributions en nourritures conjugué à un pH acide et à un KH élevé constituent autant d’ingrédients à leur développement.

Remèdes : résistant aux produits chimiques et ignorées par le alguivores, ces algues se révèlent être une véritable plaie pour les aquariums qui les accueillent. La première opération consiste à éliminer les feuilles attaquées des l’apparition de ces algues. "

Après avoir coupé bien des feuilles, je me suis arrêté car mes pauvres plantes étaient toujours envahies.

Me référant au même ouvrage (merci Monsieur Detry), celui-ci rapporte une expérience positive réalisée par G. Eggers avec emploi d’aspirine pour les algues à pinceau. Monsieur Detry ne citant pas les doses à appliquer, j’en ai parlé au cours et Monsieur Tambour m’a précisé : 1 comprimé par 100 litres d’eau. Il s’agit bien de l’aspirine (acide acétylsalicylique) et non des produits similaires contenant du paracétamol ou un mélange des deux.

Prudent, dans mes 250 litres utiles, j’ai distribué les 3/4, 2 sachets d’aspirine de 500 mg en goutte à goutte afin de voir si les poissons n’étaient pas affectés par le traitement. Ne percevant aucun changement dans leur comportement, j’ai ajouté, lors du changement d’eau suivant, 1/2 cachet d’aspirine.

Le traitement n’est pas spectaculaire. La régression des algues est très lente.

A ce jour, fin mai, soit un mois après, les algues en pinceau ont disparu.

Monsieur Tambour, à qui j’avais fait part de cette expérience positive, m’a prié de vous l’exposer suite aux questions que certains d’entre vous lui avaient posées. Ce dont je me suis acquitté bien volontiers.

 

Les textes, photos et dessins n'engagent que la responsabilité de leur(s) auteur(s)

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