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frog          Terrarium       reptile

                                                                                                                 M. Tambour

       Avertissement ou la façon de faire œuvre utile.

        La dégradation des milieux naturels européens a amené les états à prendre des mesures de protection. Il n’est donc plus question de disposer des animaux de nos contrées comme nous le faisions, enfants. A part des nuisibles comme rats et souris, la plupart des animaux sont protégés, et il n’est donc plus question d’attraper couleuvres, grenouilles et épinoches sans tomber sous le coup de la loi.

        Les pays moins riches que les nôtres n’ont cependant pas toujours les moyens de défendre leur patrimoine face aux tentations du commerce mondial (exploitations forestières, minières,...).

        La prévention de la biodiversité ne compte guère devant les intérêts financiers. La déforestation se poursuit donc malgré les déclarations internationales de bonnes intentions. La destruction est encore amplifiée par les besoins internes des pays soumis à la surpopulation.

        Il ressort de tout ceci que la passion de maintenir des animaux plus ou moins étranges chez soi peut être assouvie en choisissant des animaux dont le biotope se réduit à vue d’œil et dont l’avenir " in situ " est fortement compromis.

        La justification des détenteurs de tout animal ne sera cependant jamais valable :

- en dehors du respect des conventions internationales (Washington, Berne,...) et des lois de chaque état,

- en dehors de la volonté absolue des respecter tous les besoins de nos hôtes, y compris les exigences de leur multiplication.

        Il faudra donc être absolument en possession des renseignements qui permettent leur maintenance, leur développement, leur reproduction et leur élevage avant de se décider à les acheter. Ici plus qu’ailleurs, il est question de mettre en œuvre des techniques connues avec des animaux connus et ensuite, et ensuite seulement de se lancer dans des essais scientifiquement menés avec des espèces peu ou mal connues dont on peut aider à la sauvegarde.

        En aucun cas, on n’a le droit de " faire son expérience ". " Faire son expérience ", expression si souvent entendue signifie faire état de son incompétence ou de ses méconnaissances. La bonne volonté ne suffit pas ! " Faire son expérience " c’est chaque année réinventer la roue.

        Dans ces conditions, on ne pourra jamais aller très loin. S’entourer de spécialistes, rechercher le contact des scientifiques, consulter une littérature de haut niveau (vive Internet !) sont les amorces d’une attitude vraiment terrariophile.

        " Tu es responsable de ce que tu apprivoises. " dit le fennec au petit Prince, A. de Saint-Exupéry.

         Entendons par là : " Moi, animal, je vivais selon les lois de la nature. Tu viens me chercher, bon. Tu me prives de ma liberté en échange d’une plus grande sécurité ? Si c’est ainsi, bon mais bon seulement si tu remplis ta part du contrat : sécurité (je ne suis pas un jouet ni un caprice), gîte (suffisant pour reproduire mes habitudes vitales), couvert (eau et nourriture en rapport étroit avec tous mes besoins) et quand je serai grand, un compagnon de l’autre sexe pour fonder une famille ! Avant de m’acheter, calcule d’abord ce que mon entretien va te coûter en temps, en espace et en argent ! Si tu n’es pas capable d’assumer cela, laisse-moi tranquille ! Je ne t’ai rien demandé ! "

        Si un extraterrestre débarquait pour vous capturer, n’est-ce pas de la sorte que vous lui parleriez ? Un peu dur de se mettre à la place de l’autre, j’en conviens. Mais tellement révélateur...

 

        Toujours intéressé ? Vous avez raison ! ! Le terrarium est encore plus diversifié que l’aquarium, car plus complexe. Les curieux n’en finiront jamais d’y trouver leur compte. Explorateurs en chambre ou de terrain, vous ouvrez la porte des rampants, des " multipattes ", des cornes, des griffes et des gluants, de tous ces animaux que l’on craint ou méprise par pure ignorance. Par pure ignorance, en effet, car leur découverte nous les révèle merveilleux.

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Bienvenue dans un nouveau monde...

 

 Commençons par quelques données de base de la technique terrariophile.

 

LES NOURRITURES

 

1) Doivent correspondre aux besoins réels de l’hôte choisi. Souvent, les insectes ont une nourriture spécialisée se limitant même parfois à une seule espèce végétale. Disponibilité hivernale ?

2) Doivent être attirantes pour que l’animal se nourrisse. Le mouvement provoque l’attaque et le nourrissage d’animaux qui se laisseraient mourir de faim devant une proie morte. On peut réussir en " promenant " celle-ci au moyen de longues pinces devant l’animal à nourrir.

3) Doivent lui apporter tous les éléments nutritifs nécessaires à sa santé. On y parviendra souvent en utilisant :

- des nourritures vivantes variées pour les carnivores, insectivores, piscivores...

- des fruits et légumes frais non traités par des pesticides pour les végétariens.

4) Ne doivent pas lui porter préjudice. Certaines proies, les rongeurs par exemple mais aussi certains insectes, peuvent attaquer et blesser l’animal auquel ils devaient servir de proie ! Certaines plantes sont toxiques.

 

A) Le régime végétarien

C’est sans doute le plus facile à satisfaire par :

- les cultures du jardin et les fruits du verger. Si l’on fait des achats dans le commerce, il convient de s’assurer de leur qualité biologique,

- l’utilisation de fruits exotiques pelés (oranges, bananes, mangues, etc.),

- les feuilles et les fleurs de certains arbustes,

- les " mauvaises herbes " comme orties, trèfles, pissenlits, mouron blanc...

 

B) Le régime carnivore

Il peut être satisfait au moyen de différentes façons :

a) Les récoltes dans la nature :

- mélange de " plancton de prairie " récupéré en passant un filet dans les lieux incultes (retirer guêpes, coccinelles et autres punaises), en évitant les bords de routes souillés par les autos, leurs échappements ou pulvérisés. Ceci étant, parait-il interdit mais " que doit-on faire des stocks restant ? ". Visitez le carré d’orties le plus proche : c’est un vrai garde-manger.

- pièges à lumière pour les insectes nocturnes avec capture au filet si nécessaire.

- " secouage " des branches après avoir disposé une bâche (un drap de lit) sous l’arbre.

- prélèvement de rameaux couverts de pucerons.

- pêche de plancton de mare avec le tri des prédateurs potentiels.

- visite au compost ou bêchage pour les vers de terre.

b) Les achats chez :

- les marchands spécialisés : mouches, drosophiles, blattes, grillons, sauterelles,... Rongeurs tels souris, rats, gerbilles, des nouveau-nés aux adultes selon la taille nécessaire. Frais ou surgelés !

Remarque : certains marchands très spécialisés proposent même des reptiles pouvant servir de nourriture aux autres (lézards pour certains serpents par exemple).

- les marchands d’articles de pêche : asticots divers (évitez les colorés), vers de la banane, vers de farine, vers de terreau, fouillis de vers de vase,... vifs pour la pêche.

- les marchands du circuit alimentaire habituel : viandes et poissons divers + salades (mélanges) de fruits de mer surgelés, éperlans surgelés (parfaits pour les tortues aquatiques de type " Floride "). Œufs cuits durs ou crus.

Frais ou surgelés, tous ces aliments peuvent être utilisés isolément ou mixés en mélange selon les besoins.

c) Les élevages domestiques :

- Avantages : disponibles sur place et peu onéreux...

- Inconvénients : temps, place occupée, odeurs...

On peut évidemment élever toutes les nourritures vivantes disponibles chez les marchands et toutes celles que l’on peut trouver sous forme de souches de départ auprès des laboratoires, des bourses, des journées spécialisées...

L’élevage des nourritures vivantes occupe souvent plus (et parfois beaucoup plus) de place que le(s) terrarium(s) proprement dit(s). Dans tous les cas, la technique doit éviter les évasions désagréables ou dangereuses (rongeurs, blattes, grillons dans votre bibliothèque...).

 

C) Le régime omnivore

        On pourra présenter un mélange des nourritures envisagées ci-devant. Il faut remarquer que certaines espèces changent de régime alimentaire au cours de leur vie. La documentation doit être complète ! Il faut de toute façon toujours présenter une variété étendue de nourritures. De plus en plus de granulés différents sont proposés par les grandes marques.

 

D) Les vitamines

Elles sont souvent ajoutées aux proies vivantes sous forme de poudre dont les insectes sont couverts par exemple.

Les solutions peuvent être injectées dans les proies ou déposées sur le corps de celles-ci. Une ou deux gouttes suffisent par quinzaine. Un excès étant tout aussi grave qu’une carence, il faut calculer la dose !

Le jaune d’œuf, le blé germé en paillettes (sans restriction), le foie (en petite quantité) peuvent être présentés sur, avec ou dans les aliments auxquels ils apportent leur richesse propre.

 

Remarques - rappels :

L’adaptation de la nourriture à l’animal n’est qu’un point à respecter parmi d’autres (espace, chaleur, humidité,...).

Pendant l’acclimatation, on doit parfois avoir recours à un gavage prudent, au moyen d’une pince à épiler pour pousser les proies ou même avec une seringue (tube silicone) remplie d’aliments moulus et relativement fluides.

 

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